Patrimoine local

Notre territoire est empreint de nombreuses spécificités locales : le patois haut-savoyard, la faune et la flore alpine, les spécialités culinaires, l’Histoire, certaines pratiques agricoles ou artisanales…

Les collections patrimoniales communales

La commune de Fillière possède une grande diversité d’objets patrimoniaux, regroupés en 3 collections : les objets d’art et sculpture, les peintures et art graphiques, et les photographies. Elles sont dispersées aux quatre coins du territoire, dans les églises, les maisons communes ou les écoles. Ces collections regroupent plus d’une centaine d’objets, dont certains sont protégés au titre de monument historique.

La collection d’objets d’art et de sculptures rassemble des objets classés ou inscrits au titre des monuments historiques, deux sculptures contemporaines, mais aussi des verres de la verrerie royale d’Usillon, des céramiques savoyardes et un tesson archéologique.

Tous les objets protégés au titre de monument historique sont des objets d’églises expertisés l’année dernière. Ils regroupent des petits objets (statues, croix de procession, crucifix) mais aussi des meubles et des ensembles (les stalles et maîtres-autels). Quatre objets sont classés monument historique tandis que les autres sont simplement inscrits sur l’inventaire complémentaire des monuments historiques.

La collection de peintures et d’art graphiques regroupe des tableaux d’Yves Mairot et des aquarelles de Sylwia Avola. Cette collection est composée d’œuvres contemporaines d’artistes habitant le territoire de Fillière. Les tableaux d’Yves Mairot sont à la frontière entre l’abstrait et le figuratif. Tandis que les aquarelles de Sylwia Avola rendent hommage au Château de Sales.

La collection de photographie rassemble des rephotographies de Garry Pycroft, un cyanotype de Patrice Federgrün et des cartes postales issues de la collection de Robert Langlet. Ces œuvres montrent comment la technique de la photographie peut être dérivée ou détournée pour constituer une nouvelle forme d’art. Les œuvres ont pour point commun de se concentrer sur les villages de la commune.

Le saviez-vous ?

La commune dispose d’un musée virtuel que vous pouvez retrouver sur certains événements.

Les édifices patrimoniaux

Le château de Thorens aujourd’hui en élévation, est souvent confondu avec le château de Sales, détruit en 1630. Toutefois, ils partagent une histoire commune.

1060 : fondation du château de Thorens par Gérold de Genève à un emplacement stratégique pour surveiller la route et la vallée en contrebas. Son rôle est défensif.

Changement successif de propriétaire : passe de le maison de Savoie, aux princes de Luxembourg-Martigues avant de d’appartenir aux Sales.

Agrandie et aménagé successivement au 13e, 15e, 16e et 19e siècle

13e siècle : aménagement de la Tour ronde

15e siècle : aménagement de la poterne et de la tour carrée

1479 : le château est confisqué à la famille de Compey par le duc de Savoie, et offert à Hélène de Luxembourg, épouse du prince de Savoie.

1559/1602 ? : Sébastien de Luxembourg, duc de Martigues, vend le château François de Sales, père de Saint François de Sales. La vente commence en 1559 mais prend plus de 43 ans. Le château appartient définitivement à la famille de Sales en 1602.

La famille de Roussy de Sales le possède encore aujourd’hui, depuis plus de 500 ans.

En 1602, la famille de Sales possède déjà un château à quelques centaines de mètres de celui-ci : le château de Sales, où est né Saint-François-de-Sales.

1630 : le château de Sales est détruit par Louis XIII pour punir Louis de Sales (frère de Saint François) d’avoir fermer les portes d’Annecy et de l’avoir empêcher d’envahir la ville. Le château, qui n’a jamais eu une vocation défensive (contrairement au château de Thorens) est rasé. Il ne reste aujourd’hui que quelques fondations. Une petite chapelle fut construite en 1672 pour marquer l’emplacement supposé de la chambre où Saint-François-de-Sales. serait né.

16e siècle : construction du corps du logis

1789 : à la Révolution française : Alexandrine de Sales fuit le château et la région pour se réfugier en Italie chez ses cousins les Cavour. Le château subi de nombreuses destructions et reste à l’abandon pendant quelques années

1798 -1805 : les femmes de la familles de Sales, notamment Alexandrine et Philippe, se rapprochent du pouvoir français (les empereurs Napoléons) pour redorer le nom de la famille de Sales. Ils parviennent à récupérer les biens confisqués et à obtenir une indemnité.

19e siècle : reconstruction et réparation du château par Alexandrine de Sales et son petit-fils Eugène de Roussy.

1869-1875 : la famille de Savoie fait appel à l’architecte Camille Ruphy pour reconstruire le château et le remettre au goût du jour : agrandissement du corps de logis, nouveaux toits, nouvelle tour, nouvelle terrasse offrant une vie dégagée sur la vallée d’Usillon.

Le château est partiellement inscrit Monument Historique en 1960 pour la poterne à l’entrée de la cour, puis en 1990 pour les façades, les toitures, le salon doré et le jardin à la française.

L’histoire de la verrerie

1750 : le marquis Paul François de Sales profite de sa fortune et de ses immenses hectares de forêts pour installer un four à verre dans la vallée d’Usillon.

1750-1789 : Nichée au cœur de ses ressources indispensables, le bois et la force hydraulique, ce four à bois devient rapidement une verrerie. Soutenue par le Royaume de Piémont-Sardaigne, auquel appartenait le duché de la Savoie, la verrerie élargit sa production à la cristallerie et à la verrerie de luxe. Elle connaît une ascension fulgurante.

1775 : Elle obtient le titre de manufacture royale en et le monopole de la vente.

1789-1859 : La Révolution française porte le coup de grâce à cette entreprise florissante. Privée de son propriétaire, de son soutien royal et à court de ressources en bois, la verrerie connaît une période très difficile. La production et le nombre d’employés baissent drastiquement.

1859 : Le site ferme, peu avant le rattachement de la Savoie à la France.

La production du verre

Le verre est produit à partir d’un mélange à base de sable, chauffé dans un four à très haute température, entre 650° et 1000°. Ce mélange, devenu une pâte visqueuse, est recueilli à l’aide d’une « cueillée » avant d’être soufflé et étiré pour obtenir la forme voulue. L’objet formé est ensuite lentement refroidi dans un autre four. Une fois durci, il peut être doré et décoré.

La verrerie produisait trois types de verre : du verre noir, pour les bouteilles, du verre blanc pour les cristaux et du verre à vitre.

La commercialisation du verre

Les verres produits étaient commercialisés dans toutes la région et même au-delà, jusqu’à Lausanne et les Etats italiens.

Ils étaient transportés par des voituriers ou des muletiers, selon le type de route à parcourir, engagés par la verrerie. Les principaux acheteurs étaient des marchands de tous types mais aussi des personnages publics fortunés qui firent la réputation de la verrerie.

Les verres défectueux étaient achetés à la verrerie par des colporteurs et des vagabonds, des marchands miséreux qui parcouraient les routes pour revendre leur marchandise dans les bourgs isolés.

 

Les édifices religieux

Le partage

Avant le 17e siècle, les villages d’Aviernoz et  des Ollières étaient interdépendants : ils partageaient la même paroisse et la même église. Cette église était située dans le bois de la Charbonnière, à la limite entre les deux villages.

Lors de la division de la paroisse en 1682, cette église revint à Aviernoz. Elle est détruite pour en construire une nouvelle plus proche du centre du village.

Un emplacement trop périlleux

La nouvelle église, construite entre 1682 et 1732, est située au Crêt des Pierre. En 1835, seulement 3 ans après sa construction, elle est entièrement détruite par un incendie involontaire. Aviernoz reste sans église pendant 5 ans.

Une nouvelle église, la troisième du village, est construite au même emplacement en seulement 1 an, entre 1840 et 1841. Cette rapidité laisse de nombreux défauts de construction sur un terrain déjà trop exposé aux intempéries. Résultat : l’église prend l’eau et le gel.

Elle est détruite en 1896. On aperçoit encore au sol la trace de ses fondation. Un croix marque l’emplacement de son ancien chœur.

La nouvelle église

L’église actuelle est construite entre 1897 et 1900 dans le centre du village, côté de la mairie. Elle possède un style néogothique avec une nef unique, un transept et 2 chapelles latérales.

Elle est consacrée seulement en 1932 à cause de conflits entre le clergé et la mairie.

Elle connaît des travaux de restauration en 1982.

La première église

Evires fut l’un des premiers villages de sa paroisse à se doter d’une église. Sa première église fut construite avant le 15e siècle sur le hameau de la Côte. Dédié à Saint Jean-Baptiste, elle était l’une des seules à pouvoir baptiser les fidèles.

Elle renfermait les reliques d’un Saint. Elle était construite avec un mur qui séparait le chœur de l’église et la nef. Ainsi, les fidèles, qui suivaient la messe depuis l’extérieur ne pouvait pas voir le prêtre et les offices.

Pendant plus d’un siècle, les Evirois refusèrent de d’effectuer les travaux nécessaire pour réparer l’église. A cause de cette négligence, l’église, trop endommagée, fut détruite au début du 16e siècle.

Les grands travaux

Au 19e siècle, elle subit de nombreuses phases de travaux afin de la réparer et de l’agrandir.

En 1867, elle est notamment reconstruite dans un style néogothique. Mais à la suite de conflits avec l’évêque d’Annecy, elle est consacrée seulement en 1888.

En 1998, elle subit une dernière phase de travaux d’envergure : le clocher est ouvert et réhaussé de 11 mètres afin de ne plus assourdir les fidèles. Le nouveau clocher est assorti de 2 nouvelles cloches.

La construction de l’église actuelle

La nouvelle église, prête en 1527, fut construite de l’autre côté de la colline. Elle est plus grande que la première afin de pouvoir accueillir plus de fidèles car le village connaissait une forte croissance démographique. Lors de la Révolution française, l’église est vandalisée, endommagée et laissée à l’abandon durant quelques années.

Le partage

Avant le 17e siècle, le village des Ollières et celui d’Aviernoz partageaient la même paroisse et la même église. Cette église était située plus près d’Aviernoz. Les habitants des Ollières devaient donc parcourir des kilomètres pour se rendre à la messe.

Lors de la division de la paroisse en 1682, cette église revint à Aviernoz. Privé d’église, le curé des Ollières décida d’en construire une nouvelle au cœur du village.

La nouvelle église

La nouvelle église fut fondée sur une chapelle datant de 1508. Cette chapelle de style gothique servit de chœur à la nouvelle église. Elle possédait une architecture unique dans la région.

Les travaux de restauration

La nef et le clocher de l’église furent entièrement reconstruits en 1825. Le chœur gothique est conservé mais le reste de l’église change de style. La nouvelle nef simple et le clocher incrusté dans la structure de l’église lui donne un style sarde. Au 20e siècle, un porche est ajouté à l’entrée de l’église. En 2008, pour le 500e anniversaire de son chœur, l’église est entièrement restaurée.

Son originalité

Cette église possède un élément original : elle est encerclée par un petit cimetière. Ce type d’architecture était commun jusqu’au 20e siècle. Devenu une rareté, ce cimetière fait aujourd’hui le charme et l’originalité de cette église.

L’église Saint-Martin fut construite avant le 14e siècle. Elle est l’une des plus anciennes de la région.

Au Moyen-Âge, elle était une église importante de la région grâce à ses très bons revenues et son influence. Elle abritait notamment la paroisse de Charvonnex, qui resta dépendante de l’église Saint-Martin jusqu’en 1816.

La restructuration de l’église

Entre 1824 et 1828, l’église est parée d’un nouveau style sarde. Son clocher, déplacé à l’avant de l’église, devient un clocher porche en pierre avec des arcs en plein ceintre, un dôme et un lanterneau sur la toiture. Ce style de clocher est typiquement sarde. Mais le chœur gothique de l’église, datant du 15e siècle, est conservé.

Son importance religieuse

Lors de travaux en 1976, on découvre deux squelettes anciens portant la coquille de Saint-Jacques, prouvant qu’au Moyen-Age, l’église Saint-Martin était une halte pour les pèlerins autrichiens se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle.

L’église abrite aujourd’hui de nombreux objets protégés au titre de monument historique, notamment un retable baroque et une statue de Saint Martin.

Son patronage

Saint Martin de Tours est un soldat romain du 4e siècle ap-JC. Lors d’une nuit de garde , il aurait donné un morceau de son manteau à un pauvre mendiant transi de froid. Il aurait ensuite eu une vision de Jésus le remerciant de l’avoir sauver grâce à son manteau.

Suite à cette vision, Saint Martin se convertie au christianisme et devint évêque de Tours. Il est très connu pour avoir répandu le christianisme en Gaule au cours de ses voyages d’évangélisation.

Il est l’un des seuls chrétiens à avoir été sanctifié sans avoir subi de martyr.

La construction

La première église de Thorens est construite au 11e siècle et détruite en 1438.

Au 16e siècle, on construit une nouvelle église, à l’emplacement de l’église actuelle.

Entre 1898 et 1909, la nef et les bas-côtés sont reconstruits. L’église passe d’une architecture romane à une architecture gothique avec une nef en triple vaisseau, un décrochement entre la nef et le chœur et des voûtes en croisée d’ogives. Mais son chœur du 16e siècle est conservé. Elle devient l’une des plus grandes églises du diocèse d’Annecy.

En 1926, l’église est classée monument historique.

Le double patronage

En 1901, l’église est placée sous un double patronage. En effet, son premier patron est Saint Maurice d’Agaumes. Au 20e siècle, le patronage de Saint François-de-Sales est ajouté pour rendre hommage à cet illustre évêque originaire de Thorens-Glières.

Le nom intégrale de l’église est donc Saint Maurice d’Agaumes et Saint-François-de-Sales mais Saint Maurice tend à s’effacer face à la renommée de Saint-François.

La mosaïque dans le chœur de l’église

En 1935, une mosaïque, conçue par l’artiste Momejean, est construite pour décorer le mur central du chœur de l’église. Cette mosaïque représente la Sainte Trinité entourée des deux patrons de l’église : Saint-Maurice et ses troupes à gauche, Saint-François-de-Sales lors de son ordination à droite.

La statue de St François

A la fin du 20e siècle, la statue de Saint François-de-Sales, placée au sommet de la flèche de l’église, est descendue car elle était fendue par de l’eau qui a gelé à l’intérieur. Elle risquait donc de s’effondrer. Lors de la restauration, le président de la commission d’art sacré du diocèse trouva la statue si belle qu’il décida qu’elle devait rester au sol pour être exposée.

En 2002, la statue est installée à l’entrée du village afin de rappeler que Thorens-Glières est la ville natale de Saint François-de-Sales.

En 2015, une nouvelle croix moderne est installée au sommet du clocher pour remplacer la statue.

1668 : construction de la chapelle au bord de la route par les habitants du hameau d’Usillon pour abriter la statue de la Vierge qui les protégeait des bandits. Nommée Notre Dame de la Pierre Taillée, son nom fait référence à une carrière de pierre à proximité.

Des miracles se réalisèrent, notamment pour les gens atteints aveugles ou atteints de cécité qui connurent des guérisons miraculeuses.

Révolution française : selon la légende, des révolutionnaires auraient jeté la statue dans le ravin proche de la source en contrebas. Mais le lendemain matin, la statue était mystérieusement de retour à sa place dans la chapelle.

1827 : Agrandissement de la chapelle ordonnée par le curé Favre

1892 : embellissement de la chapelle par madame Monod

Entre 1950 et 1965 : afin d’élargir la route menant au plateau des Glières, devenu touristique, les services de la municipalité déplacèrent la chapelle un peu plus haut (au-dessus de la route), à son emplacement actuel.