“Terrain familial locatif” à Saint-Martin-Bellevue : remettre les faits au centre, sans amalgame, avec transparence

La commune de Fillière a pris connaissance des messages et de la pétition qui circulent au sujet d’une supposée création “d’aire des gens du voyage” à Saint-Martin-Bellevue (secteur Route de Burgaz). Nous comprenons les interrogations qu’un sujet sensible peut susciter. Mais plusieurs informations diffusées actuellement entretiennent la confusion, voire l’inquiétude, en mélangeant des dispositifs très différents.

Notre responsabilité est de remettre des faits clairs au centre du débat, de garantir une information loyale, et de rappeler la méthode : rien ne se fera sans cadre réglementaire, sans études, ni sans dialogue — c’est notre ligne de conduite.

De quoi parle-t-on exactement ?

Il ne s’agit pas d’une “aire de grand passage”.

Le sujet évoqué correspond à la possibilité d’implanter un terrain familial locatif : un dispositif destiné à l’accueil d’une seule famille, dans une logique de stabilisation / sédentarisation, avec un fonctionnement encadré et une gestion publique. De nombreuses familles attendent depuis des années un terrain pour pouvoir changer de mode de vie. Elles sont suivies par les services sociaux, les parents travaillent, les enfants sont scolarisés.

Ce dispositif n’a rien à voir avec une aire de grand passage, conçue pour accueillir temporairement de grands groupes sur des périodes déterminées.

Présenter un terrain familial comme une aire de grand passage est un amalgame. Il brouille le débat et n’aide ni les riverains, ni la collectivité à prendre une décision éclairée.


Pourquoi ce sujet existe ? Une obligation légale et territoriale

L’accueil et l’habitat des “gens du voyage” relèvent d’un cadre légal national (loi du 5 juillet 2000) et d’un schéma départemental qui fixe, pour chaque territoire, les besoins et les réponses attendues : aires d’accueil temporaire, terrains familiaux locatifs, et aires de grand passage.

Sur notre territoire, la compétence est portée par l’intercommunalité (Grand Annecy) pour les équipements et leur gestion. Toutes les communes d’une certaine taille ont l’obligation de

proposer au moins un terrain familial qui doit répondre à un certain nombre de critères : proximité d’Annecy, d’un grand axe de communication, présence des réseaux…..

Les services de l’État nous ont imposé lors de l’élaboration du PLUI l’obligation de nous mettre en règle avec le loi. De nombreux terrains ont été ciblés : celui situé “aux Voisins”, Route de Burgaz, a été finalement retenu car il répondait à la quasi-totalité des critères imposés.

Plusieurs autres communes sont également concernées mais la plupart sont en règle depuis de nombreuses années : Annecy, Argonay, Chavanod, Épagny-Metz-Tessy, Poisy, Sevrier, Saint-Jorioz. Souvent, les terrains concernés sont situés au cœur de quartiers habités, et cela n’a pas engendré la moindre nuisance.


PLUi-HMB : identifier une zone n’est pas “lancer un chantier

Le PLUi-HMB a été approuvé le 18 décembre 2025 par le Grand Annecy.

Le PLUi peut, dans certains secteurs, identifier des zonages permettant d’envisager des solutions d’accueil, dont la zone Ngv1 (“zone naturelle spécifique aux gens du voyage”). Mais un zonage n’est ni un permis de construire, ni une décision de réalisation immédiate.

Pour être très concret : en zone Ngv1, le règlement rappelle que les aménagements/constructions ne sont possibles que s’ils sont liés à l’accueil/l’habitat des gens du voyage, et dans un cadre défini. Par ailleurs, la surface retenue ne permettra pas d’extension future. Le terrain ne pourra pas accueillir plus d’une famille et de 6 caravanes.


Études d’impact, environnement, agriculture, accès : rien ne se fera “en catimini”

Contrairement à ce qui est affirmé, aucun projet ne peut se faire sans vérifications sérieuses : faisabilité technique, réseaux, sécurité des accès, intégration paysagère, prise en compte des enjeux agricoles et écologiques, et procédures environnementales. Le débat doit donc être mené sur pièces, sur la base d’études, et non sur des hypothèses ou des rumeurs.

« J’entends les inquiétudes. Mais je refuse les raccourcis et les amalgames voire la stigmatisation. Un terrain familial pour une famille en voie de stabilisation n’a rien à voir avec une aire de grand passage. Surtout, si une implantation devait être envisagée, elle ne pourrait l’être qu’avec des études sérieuses et des garanties environnementales et sociales. La transparence n’est pas une option : c’est une exigence. » Christian Anselme