Prix Rosine Perrier 2022 : à vous de voter

Dans le cadre du Salon du livre d’Hermillon, le réseau des bibliothèques vous propose de participer à l’élection du Prix littéraire Rosine Perrier.

12 romans sont en compétition. À vous d’élire votre préféré en déposant vos bulletins dans votre bibliothèque. Les votes des lecteurs sont regroupés jusqu’au 12 septembre 2022.

La remise du prix aura lieu en présence de l’auteur, le 8 octobre 2022 à 18 heures, au Salon du livre d’Hermillon (8 et 9 octobre 2022).

Les romans sélectionnés

Consultez-les et réservez-les sur le site des bibliothèques de Fillière.

1 – Entre la source et l’estuaire, Grégoire Domenach

Les fleuves, souvent, entre la source et l’estuaire, sont semés d’écluses, ponctués de lourds vantaux d’acier qui en régulent le flux et dictent la hauteur; les hommes, parfois, à de certains instants, entre la naissance et la mort, décident d’ouvrir leur mémoire à double battant, de libérer le flot des mots, de lâcher le flux des souvenirs pour n’en être pas submergés. C’est à pareil lâcher-prise que s’emploie Lazare, le héros de ce roman de Grégoire Domenach, qui ouvre tout grand, au fil d’un long récit fait au narrateur du roman, l’énorme monde de souvenirs et d’épreuves retenus en lui depuis toujours. S’écoule ainsi, au bord d’un fleuve et à bord d’une péniche, au fil d’une narration tout à la fois orageuse et fluide, la fort sombre histoire, charriant plaisir, perversité et malignité, de Lazare et du couple maudit formé d’Ouliana et d’Endrik. Le premier, charpentier villageois, devenant, sous le regard complaisant du troisième, l’amant fougueux de sa femme. Ce qui semblait au départ un marivaudage ludique tourne à la rivalité démente, une conflagration érotique qui entraîne le village dans sa trombe. Passé la crue, ce petit monde fluvial retrouvera son étiage moral et son cours tranquille, le fleuve gardant, lui, un goût saumâtre et une saveur amère. Sous l’invocation de Simenon et de Jean Vigo, magistralement menés, se déploient, entre chutes et rapides, l’histoire et le destin d’un homme.

2 – Comme des bêtes, Violaine Bérot

La montagne. Un village isolé. Dans les parois rocheuses qui le surplombent, se trouve une grotte appelée ’la grotte aux fées’. On dit que, jadis, les fées y cachaient les bébés qu’elles volaient. À l’écart des autres habitations, Mariette et son fils ont construit leur vie, il y a des années. Ce fils, étonnante force de la nature, n’a jamais prononcé un seul mot. S’il éprouve une peur viscérale des hommes, il possède un véritable don avec les bêtes. En marge du village, chacun mène sa vie librement jusqu’au jour où, au cours d’une randonnée dans ce pays perdu, un touriste découvre une petite fille nue. Cette rencontre va bouleverser la vie de tous…

3 – Des diables et des saints, Jean-Baptiste Andrea

C’est une histoire d’orphelin et d’amour. Celle d’un vieil homme qui joue divinement du Beethoven sur les pianos publics. Il se fait appeler Joe, pour Joseph. On le croise un jour dans une gare, un autre dans un aéroport. Il gâche son talent de concertiste au milieu des voyageurs indifférents. Il attend. Mais qui, et pourquoi ? Alors qu’il a seize ans, ses parents et sa soeur disparaissent dans un accident d’avion. Il est envoyé dans un pensionnat religieux des Pyrénées, Les Confins. Tout est dans le nom. Après Les Confins, il n’y a plus rien. Ici, on recueille les abandonnés, les demeurés. Les journées sont faites de routine, de corvées, de maltraitances. Jusqu’à la rencontre avec Rose, une jeune fille de son âge. La vie n’est alors que rêves de fugues. Jean-Baptiste Andrea nous parle de cet enfant intérieur que nous portons tous en nous. Ses héros ont l’âge des douleurs et des révoltes. Avec Des diables et des saints, il achève sa trilogie autour de l’enfance.

4 – Du roi je serai l’assassin, Jean-Laurent Del Soccoro

Espagne, Andalousie, XVI e siècle. La Reconquista est terminée. Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique. Sinan est un enfant qui vit avec sa soeur jumelle, Rufaida à Grenade. Musulmans convertis par nécessité à la religion catholique, sa famille les envoi à Montpellier pour échapper à une Inquisition toujours plus féroce. Là bas ils tomberont dans une France embrasée par les guerres de religion…

5 – Ultramarins, Mariette Navarro

«Ils commencent par là. Par la suspension. Ils mettent, pour la toute première fois, les deux pieds dans l’océan. Ils s’y glissent. A des milliers de kilomètres de toute plage.» A bord d’un cargo de marchandises qui traverse l’Atlantique, l’équipage décide un jour, d’un commun accord, de s’offrir une baignade en pleine mer, brèche clandestine dans le cours des choses. De cette baignade, à laquelle seule la commandante ne participe pas, naît un vertige qui contamine la suite du voyage. Le bateau n’est-il pas en train de prendre son indépendance ? Ultramarins sacre l’irruption du mystère dans la routine et l’ivresse de la dérive.

6 – La sacrifiée du Vercors, François Médéline

Le roman noir sur l’épuration : traîtres et héros mêlés dans les cendres de la Libération Le roman noir sur l’épuration Une robe bleu roi roulée sous des branchages. Plus loin, une jeune femme sauvagement tondue gît sous un arbre. Dans cette forêt du Vercors, Marie Valette a été violée et assassinée. Elle avait 24 ans. Ce 10 septembre 1944, Georges Duroy, commissaire de police près le délégué général à l’épuration, et Judith Ashton, jeune photographe de guerre américaine, se trouvent sur la scène de crime. En cette journée caniculaire, tous deux s’interrogent. Qui a pu s’en prendre si violemment à la fille d’une famille de résistants ? Jeunes héros sortis de l’ombre, coupable idéal et villageois endeuillés s’affrontent dans les cendres encore fumantes de la Libération. Car au sortir de cinq années de guerre, ce sont les silences et les règlements de comptes qui résonnent sur les flancs arides des montagnes. Avec force et intensité, François Médéline interroge la complexité des hommes et de leurs combats.

7 – Paresse pour tous, Hadrien Klent

Et si on ne travaillait plus que trois heures par jour ? Telle est la proposition iconoclaste d’Émilien Long, prix Nobel d’économie français, dans son essai Le Droit à la paresse au XXIe siècle. Très vite le débat public s’enflamme autour de cette idée, portée par la renommée de l’auteur et la rigueur de ses analyses. Et si un autre monde était possible ? Débordé par le succès de son livre, poussé par ses amis, Émilien Long se jette à l’eau : il sera le candidat de la paresse à l’élection présidentielle. Entouré d’une équipe improbable, il va mener une campagne ne ressemblant à aucune autre. Avec un but simple : faire changer la société, sortir d’un productivisme morbide pour redécouvrir le bonheur de vivre. Roman porté par une érudition joyeuse et un regard taquin sur nos choix de vie, Paresse pour tous imagine un pays qui renverse ses priorités et prend le temps d’exister. Après La Grande Panne (Le Tripode, 2016), récit visionnaire d’une France qui se retrouve à l’arrêt, Hadrien Klent offre cette fois-­ci le portrait d’une France qui se remet en marche, mais pas vraiment comme certains le voudraient

8 – Les fils du pêcheur, Grégory Nicolas

Quand le narrateur append qu’il sera bientôt père d’une petite fille, un coup de téléphone vient bouleverser sa vie : sa mère lui annonce que le bateau de son père, Jean, vient de sombrer “corps et biens.” Le fils entame alors l’écriture du “roman d’Ar’c’hwil”, ce coquillier bleu et blanc qui a accompagné son père tout au long de sa vie de pêcheur. A travers l’histoire de ce bateau, c’est celle de Jean qu’il nous raconte. Une vie de pêcheur et de père faite d’épreuves et de larmes, de joie et de rires. A nouveau réunis dans leur Bretagne natale, le fils et ses frères se retrouvent. Ensemble, ils vont apprendre à redécouvrir cet homme qu’ils ont aimé et qui les aimait.. Ils se souviendront de ses joues froides, de ses mains rêches, de ses chansons et comprendront la raison de la mélancolie dans son regard. Alors, ce sera à leur tour de surmonter l’épreuve puis de sourire. A travers une chronique à la fois intime et sociale évoluant sur près de soixante ans, Grégory Nicolas rend hommage au courage des pêcheurs et à ceux qui les attendent.

9 – Mathilde ne dit rien, Tristan Saule

Mathilde est travailleuse sociale. Elle voit toute la journée défiler des personnes en difficulté et fait de son mieux pour les aider. Mais quand elle apprend pourquoi ses voisins Mohammed et Nadia sont menacés d’expulsion, elle comprend que les dispositifs légaux seront inutiles et qu’il va falloir se salir les mains. Quarante-six ans, ancienne judoka, massive et mutique, Mathilde puise dans son passé ténébreux la volonté d’en découdre, et pourquoi pas de refermer enfin, douze ans plus tard, de douloureuses blessures. Mathilde ne dit rien est le premier volet d’une série de romans noirs qui s’intéresseront à ses habitants, à leurs parcours, leurs magouilles, leurs espoirs, leurs fantômes.

10 – Le passeur, Stéphanie Coste

Destins croisés de migrants et de leur bourreau. Lorsqu’un convoi chargé de candidats à la traversée débarque, Seyoum, l’un des plus gros passeurs de la côte libyenne, est bouleversé. En retrouvant Madiha, l’amour de sa vie qu’il n’a pas vu depuis des années, il fait face au passé et au souvenir de leurs familles détruites par la dictature en Erythrée et aux scènes de torture. 

11 – Le cœur à l’échafaud, Emmanuel Flesch

“On les laisse patienter un bon moment, muets comme des ombres, dans cette cathédrale du Code pénal. Certains occupent leur hébétude sur l’écran de leur téléphone, d’autres s’intéressent à leurs chaussures.”Cour d’assises de Paris. Walid Z., un jeune de quartier parvenu par de brillantes études à se hisser jusque dans l’intimité de la bourgeoisie parisienne, risque la peine de mort par décapitation.Que vient faire la guillotine dans ce décor si familier ?Pendant trois jours, les témoins se succèdent à la barre. A mesure que s’esquisse le portrait d’un ambitieux et qu’on interroge sa culpabilité, se dévoile une autre France, parfaitement crédible, où l’extrême droite a pris le pouvoir. Implacable, ce roman choral se déploie comme la suite tragique de notre « roman national ».

12 – Grizzly, Emmanuel Flesch

Après des années de galère, Dan et Jon, deux vieux potes, ont décidé de s’associer. Depuis trois ans, leur camp installé en haute altitude dans les Rocheuses propose aux touristes un lieu exceptionnel et sauvage. Là, trek, randonnée, pêche, safari photos sont au programme. Un client riche et inconscient a décidé, malgré une tempête de neige qui se prépare, de prendre des photos d’un énorme grizzly qui rôde dans le coin. A reculons, Dan part avec lui à la recherche de l’ours. Le client, malgré les injonctions de Dan, s’approche trop près de l’animal et se fait tuer. La tempête se déchaîne et Dan se retrouve avec un cadavre sur les bras. Un mécanisme étrange s’enclenche dans son cerveau : il faut absolument se débarrasser du corps pour avoir la paix.